logo ACPn Quadri gde taille DISPOSITIF ITEP L'ESCALE

 

 

 

[mappress mapid= »16″]

 

Le Dispositif ITEP L’Escale à aujourd’hui : 

Le Dispositif ITEP L’Escale est ouvert depuis Janvier 2014 dans les anciens locaux du CESSEP Le Rivage.

A ce jour le Dispositif ITEP L’Escale dispose d’un agrément pour accueillir 61 enfants (10 places en semi-internat, 27 en internat et 24 places de SESSAD) présentant des troubles du comportement et de la conduite de 6 à 14 ans avec possibilité d’accueil dès l’âge de 3 ans en SESSAD.

L’établissement fait partie du Département Enfants géré par l’Association Cazin Perrochaud.

1. Les missions de l’établissement

1.1 Règlementations et repères juridiques

L’Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique l’Escale est un établissement médico-social dont le cadre réglementaire est le suivant :

  • Le Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF)
  • La Loi du 2 janvier 2002 (n° 2002-02), rénovant l’action sociale et médico-sociale engage une vraie volonté d’individualisation des actions menées auprès des bénéficiaires, place désormais l’usager au centre du dispositif et préconise la mise en place d’outils dans le cadre d’une démarche qualité.
  • Le décret n°2005-11 du 6 janvier 2005 définissant les conditions techniques d’organisation et de fonctionnement des ITEP.
  • La Loi du 11 février 2005 (n°2005-102) pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, apporte des évolutions fondamentales sur le droit à la compensation, la scolarité, l’emploi et l’accessibilité.
  • La Circulaire interministérielle DGAS/DGS/SD3C/SD6C no°2007-194 du 14 mai 2007 relative aux instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques et à la prise en charge des enfants accueillis.

A ce jour et au-delà de ce cadre réglementaire et conformément au projet associatif, l’établissement s’appuie sur les Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles (RBPP) publiées par l’Agence Nationale de l’Evaluation et de la qualité et services sociaux et Médico-sociaux (ANESM) :

  • La bientraitance : définition et repères pour la mise en œuvre (Juillet 2008)
  • Mise en œuvre d’une stratégie d’adaptation à l’emploi des personnels au regard des populations accompagnées (Juillet 2008)
  • Ouverture de l’établissement à et sur son environnement (Décembre 2008)
  • Les attentes de la personne et le projet personnalisé (Décembre 2008)
  • Mission du responsable d’établissement et rôle de l’encadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance (Décembre 2008)
  • Concilier vie en collectivité et personnalisation de l’accueil et de l’accompagnement (Novembre 2009)
  • L’exercice de l’autorité parentale dans le cadre du placement (Mars 2010)
  • Elaboration, rédaction, et animation du projet d’établissement ou de service (Mai 2010)
  • Le questionnement éthique dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux (octobre 2010)
  • Le questionnement éthique dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux (Novembre 2010)
  • Le partage d’informations à caractère secret en protection de l’enfance (Mai 2011)
  • L’accompagnement des jeunes en situation de handicap par les services d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) (Septembre 2011)
  • Conduites violentes dans les établissements accueillant des adolescents : prévention et réponses (Janvier 2012)
  • Élaboration, rédaction et animation du projet d’établissement ou de service (Janvier 2012)

1.2 Agréments et habilitations

L’établissement propose des modalités diversifiées d’accompagnement des enfants et adolescents accueillis :

  • en internat de semaine ou internat modulé (1 à 3 nuits par semaine)
  • en semi internat
  • en accueil de jour séquentiel
  • en SESSAD.

Ces modalités d’accueil sont personnalisées et évolutives selon le projet de vie de l’enfant ou de l’adolescent.

Le dispositif ITEP L’Escale peut accueillir 61 filles et garçons de 6 à 14 ans avec possibilité d’accueil dès l’âge de 3 ans en SESSAD.

Un partenariat pour la tranche d’âge 12 – 14 ans est mis en place avec l’ITEP de la Fondation HOPALE. Celui-ci assure la continuité sur la tranche d’âge 12 – 20 ans.

L’agrément de l’ITEP l’Escale porte sur :

  • 27 places en internat
  • 10 places en semi internat
  • 24 places en SESSAD

L’ITEP se situe à BERCK. Il dispose également d’une antenne de SESSAD à Boulogne-sur-Mer, 34 rue des pipots.

L’ITEP est rattaché administrativement au Département ENFANTS de l’Association Cazin Perrochaud, Association à but non lucratif dont le siège se situe 42 rue Charles ROUSSEL à BERCK. Elle est représentée par le président du Conseil d’Administration et dirigée par Monsieur Jean-Marc ZORZI, Directeur Général.

Le financement de l’ITEP est assuré par une dotation globale fixée par la Directrice de l’Agence Régionale de Santé et couvert par l’assurance maladie.

La circulaire interministérielle du 14 mai 2007 fait appel à l’imagination des acteurs pour que les ITEP mettent leurs compétences, leur potentiel, au service de l’inclusion scolaire et extrascolaire des jeunes, en développant des partenariats constituant un véritable maillage d’organismes et services appelés à accompagner ces enfants et adolescents.

Cette circulaire dit encore qu’il devrait y avoir un SESSAD dans le prolongement de tout ITEP, que l’internat devrait être modulé et qu’il devrait permettre d’offrir une pause à l’enfant et sa famille.

La réussite des ITEP dans les prises en charge qui leur sont demandées, conclut la circulaire, nécessite non seulement le développement de possibilités très diversifiées mais beaucoup d’imagination et de créativité pour s’adapter aux besoins renouvelés de ces enfants et adolescents.

C’est ce que nous nous efforçons de mettre en place au travers de ce projet et de sa mise en œuvre.

2. Le public et son entourage

2.1 Le public accueilli

L’établissement est destiné à des enfants et adolescents de 6 à 14 ans (avec possibilité d’accueil dès 3 ans en SESSAD). Ils ne souffrent ni d’une déficience endogène ni d’une problématique mentale faisant obstacle au processus de socialisation et relevant des compétences du secteur pédopsychiatrique.

A priori aucun des enfants ne présente de handicap physique. Les capacités intellectuelles et cognitives sont préservées, l’efficience intellectuelle est normale. La catégorie des bénéficiaires se situe sur un versant « sociopathique » d’inadaptation aux contraintes de la vie sociale, familiale, scolaire et de collectifs de toute nature, en raison d’une origine :

  • génétique :
    • potentiels débordant d’impulsivité,
    • d’agressivité,
    • d’angoisse.
  • traumatique :
    • dysfonctionnements parentaux transgénérationnels.
  • socioéconomique :
    • appartenance socioculturelle,
    • difficultés  des parents, notamment d’ordre médical, faisant obstacle au développement de leurs compétences d’éducation.

Le profil de la population accueillie répond à l’article D 312-59.1 du Décret du 06/01/2005 : les instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques accueillent les enfants, adolescents ou jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques dont l’expression, notamment l’intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages. Les enfants, adolescents ou jeunes adultes se trouvent malgré leurs potentialités intellectuelles et cognitives préservées, engagés dans un processus handicapant qui nécessite le recours à des actions conjuguées et à un accompagnement personnalisé (…)

Les enfants accueillis à l’ITEP L’Escale présentent donc :

  • Des difficultés psychologiques : angoisse, recherche de « maîtrise » et de « toute puissance », estime de soi faible, dépendance affective, recherche d’attention exclusive.
  • Des troubles du comportement : agressivité verbale, incivilités, cris, irrespect, provocation, déni de responsabilité de ses actes, intolérance à la frustration, impulsivité, instabilité, agressivité physique, coups, destruction du matériel, conduites délictueuses (vol, racket…), conduites à risque (addiction, automutilation, fugue…), repli sur soi.
  • Une socialisation perturbée : avec leurs pairs (école, clubs,…), avec les adultes (refus de l’autorité), au sein de la famille, conduites socialement inadaptées à l’extérieur (ville, magasin, médiathèque…)
  • Des apprentissages perturbés : difficultés de développer sa pensée, peur de l’échec, absence de comportement d’élève (ne tient pas assis, prend la parole de façon intempestive), retard scolaire.

L’ITEP ne se substitue pas aux parents, ni à l’ASE[1], ni à la PJJ[2], ni au dispositif de pédopsychiatrie.

Les enfants accueillis en ITEP ne présentent pas :

  • D’organisation psychotique, de dysharmonie évolutive (troubles envahissants du développement diagnostiqués ou non spécifiés).
  • De stéréotypies ou de « bizarreries » comportementales (de type de troubles obsessionnels compulsifs).
  • D’intérêts restreints dans leurs activités.
  • De troubles DYS prédominants (dyslexie, dyspraxie…).
  • De déficience intellectuelle, ni de lésion organique ni neurologique (trauma crânien).

Chapitre 3. La nature de l’offre de service et son organisation

3.1 L’offre de service

Le projet d’établissement se construit sur la conception et la mise en œuvre cohérente des projets personnalisés. Dans un but d’épanouissement de l’enfant ou de l’adolescent, l’offre de service de l’ITEP s’articule autour de 3 axes pour répondre à une prise en charge globale.

Elle repose sur l’articulation des trois volets du triptyque :

  • Thérapeutique : accompagnement dans une visée d’étayage psychologique
  • Educatif : accompagnement permettant à l’enfant ou adolescent de se « construire », et de « se structurer ».
  • Pédagogique : réconciliation de l’enfant ou adolescent avec le statut d’élève.

            3.1.1 Les missions de l’internat

Certains parents ne savent pas dire non à l’enfant ou l’adolescent, pour être reconnus voire acceptés par leur enfant. Pour arriver à cette fin, ils ne posent plus d’interdits, ce qui fait de leurs enfants des êtres fragiles et vulnérables, n’ayant plus les capacités psychiques à faire face aux aléas de la vie. Le culte de « l’Enfant Roi » a des conséquences non négligeables dans l’aggravation des troubles des enfants accueillis en ITEP.

L’équipe plurisdisciplinaire se donne comme objectifs principaux l’éducation et la prise en charge des enfants et adolescents. Or éduquer, c’est avant tout pouvoir dire oui ou non. Ce n’est pas accepter systématiquement ce qui passe par le plaisir, mais aussi accepter ce qui passe par la frustration.

L’internat permet en outre de prendre de la distance quand le dialogue est bloqué, quand les relations familiales ne sont plus qu’un enchevêtrement de problèmes.

Les missions de l’internat sont de soigner, d’éduquer, d’accompagner, de renouer avec les apprentissages et ainsi d’aider et de soutenir les enfants et leurs familles  dans l’appropriation de leur espace psychique, physique, social et familial.

            3.1.2 Les missions du semi-internat

Le semi-internat est la réponse à une demande conçue comme une alternative à l’internat qui ne se justifie pas toujours ou qui n’est pas toujours envisageable d’emblée. Compte tenu de l’évolution des troubles psychologiques, pour certains enfants c’est un temps de passage vers l’acceptation de l’internat, pour d’autres un tremplin vers un retour progressif dans le milieu ordinaire : famille, école,…

Le semi-internat exerce une fonction pivot entre la famille, l’enfant et les différents intervenants en évitant le morcellement de la prise en charge.

Les missions du semi-internat sont d’offrir une aide psychologique, éducative et scolaire à des enfants ou adolescents qui ne sont plus scolarisés et / ou scolarisables dans une école ordinaire.

Les enfants et adolescents sont présents de 8H30 à 17h00.

            3.1.3 Les missions du SESSAD

Le SESSAD prend en charge des enfants et adolescents âgés de 3 ans à 14 ans. Il s’adresse à des jeunes scolarisés en milieu ordinaire présentant des troubles de la conduite et du comportement. La poursuite de leur scolarité appelle le soutien d’un service médico-social intervenant sur les lieux de vie de l’enfant par le biais d’une intervention globale : Thérapeutique, Educative, Pédagogique.

Les missions du SESSAD sont de permettre à l’enfant ou à l’adolescent de poursuivre sa scolarité dans le milieu ordinaire en lui apportant une aide ponctuelle à l’école, de favoriser sa socialisation en l’accompagnant dans des clubs sportifs ou des centres culturels, d’apporter aux parents une aide à la parentalité grâce aux conseils d’une équipe pluridisciplinaire. Les professionnels travaillent en partenariat avec l’école, les CMP mais surtout les parents.

            3.1.4 Le fonctionnement

L’internat fonctionne du lundi au vendredi soir avec possibilité d’ouverture le samedi et le dimanche selon la problématique des jeunes accueillis (défaillance familiale particulièrement) et à titre très exceptionnel (sous réserve de la possibilité d’une organisation adéquate).

Il est constitué de 3 unités de vie :

  • UNITE 1 : LES PIRATES
  • UNITE 2 : LES NAVIGATEURS
  • UNITE 3 : LES EXPLORATEURS

Chaque unité de vie accueille 9 jeunes qui sont accompagnés par 2 éducateurs spécialisés ou éducateur de jeunes enfants et 2 moniteurs éducateur pour tous les actes de vie quotidienne, et par une maitresse de maison, essentiellement pour les temps de repas quotidiens et pour l’entretien des locaux de l’unité de vie.

Le semi-internat fonctionne à la journée du lundi au vendredi selon des horaires adaptés. Les enfants ou adolescents rentrent à leur domicile tous les jours et habitent dans un rayon de 35 kilomètres autour de l’établissement.

Il est constitué d’une unité de vie : L’ILE AUX TRESORS

L’accompagnement thérapeutique et éducatif est planifié en respect des projets des enfants et s’adapte à ses temps de scolarité, de loisirs, de vie familiale.

Durant les périodes de vacances scolaires, et au cours des périodes pendant lesquelles l’établissement est ouvert, l’accent est mis sur la poursuite des actions thérapeutiques et d’accompagnement de ces enfants dans leur participation aux activités socioculturelles et sportives.

L’unité de vie accueille 10 jeunes accompagnés pour les actes de la vie quotidienne (arrivée, déjeuner, goûter, aide aux devoirs…) par un éducateur spécialisé, deux moniteurs éducateurs et une maitresse de maison.

Les éducateurs vont également travailler en binôme avec les enseignants spécialisés pendant les temps de classe.

Le SESSAD offre un accompagnement personnalisé pour chaque enfant ou adolescent dans son environnement quotidien : famille, école, lieux culturels et sportifs ; il accueille 24 jeunes.

Périodes de fermetures 

Internat

Semi-internat

SESSAD

1 semaine en hiver

1 semaine au printemps

4 semaines l’été (août)

1 semaine à la Toussaint

1 semaine à Noël

8 semaines de fermeture, soit une moyenne de 44 semaines d’ouverture

L’établissement est ouvert au minimum 210 jours/an. 

3.2 Les modalités d’admission

La décision d’orientation en ITEP doit faire l’objet d’une indication motivée; c’est pourquoi les critères d’admission se doivent d’être clairement définis pour permettre à chacun de bénéficier d’un accompagnement adapté à ses besoins.

            3.2.1 Les critères d’admission

Critères d’admission en internat

L’enfant ou l’adolescent est dans l’incapacité de s’inscrire dans un collectif scolaire et montre d’importantes difficultés comportementales dans un milieu familial mais aussi dans l’environnement proche (activités socio-culturelles, sportives,…).

Critères d’admission en semi internat

L’enfant ou l’adolescent n’exprime pas ou peu de troubles dans le milieu familial, le seuil de rupture n’est pas encore atteint. Il n’est donc pas nécessaire d’opérer une séparation d’avec le milieu familial, par contre à l’école, l’expression des troubles est telle qu’elle devient parfois incompatible avec la participation au groupe.

Critères d’admission en SESSAD

L’enfant ou l’adolescent exprime des troubles dont l’expression est suffisamment importante pour nécessiter la mise en œuvre d’une aide globale dans son environnement. Le SESSAD possède des propriétés de souplesse et de mobilité nécessaires au soutien de l’inclusion scolaire avec possibilité de mettre en place le plateau technique nécessaire à l’accompagnement.

            3.2.2 Candidature et visite de l’établissement

Pour les jeunes de 3 à 12 ans

Candidature

La MDPH transmet la notification à l’établissement qui est étudiée par la commission d’admission. Celle-ci est organisée très régulièrement (cf. 3.2).

Visite de l’établissement

Avant ou à l’issue de cette étude, l’adjoint de direction prend contact avec la famille et organise une rencontre au sein de l’ITEP en présence de l’enfant et éventuellement des partenaires extérieurs. Cette visite s’effectue sur une demi-journée. Lors de cette rencontre, le jeune et sa famille sont d’abord reçus par l’adjoint de direction qui explique l’organisation et le fonctionnement de l’établissement.

Ensuite, celui-ci prolonge la visite de l’établissement avec la rencontre des différents professionnels concernés. Après la visite, l’adjoint de direction recueille les impressions de la famille et de l’enfant. Il remet le livret d’accueil et le dossier de renseignements en vue de l’admission. Il propose l’aide de l’assistant de service social pour compléter ce dossier dans le cadre d’une visite à domicile.

Il est demandé à la famille de faire part de sa décision quant à l’admission de leur enfant à l’ITEP dans un délai d’une semaine.

Ces deux temps permettent à l’établissement de se positionner et ainsi d’annoncer aux parents et à la MDPH la décision prise : soit l’admission est envisageable dans l’établissement, soit il est impossible pour le dispositif ITEP de proposer un accompagnement au vu de la problématique de l’enfant ou du refus de la famille.

Admission

Dans le cas d’une admission, quand une place est  vacante dans l’établissement, le Directeur du Département ENFANTS prononce l’admission en internat, semi-internat ou SESSAD selon le souhait des parents et de l’enfant mais également en fonction des indications posées par l’équipe pluridisciplinaire et la CDAPH[3]. Il informe l’ensemble des partenaires de cet accueil.

Une rencontre est alors organisée au cours de laquelle sont remis le contrat de séjour et le règlement de fonctionnement comprenant la charte des droits et des libertés de la personne accueillie, officialisant de ce fait l’accueil de l’enfant

Accueil dans la structure

La famille est invitée à se rendre dans l’unité d’accueil pour participer à l’installation de son enfant. Le responsable du site passe le relais au référent de l’enfant ou adolescent pour accompagner son arrivée de manière à lui permettre de prendre sa place dans le groupe avec le moins de difficultés possibles.

Le référent lui explique concrètement le fonctionnement du groupe éducatif, puis le présente aux membres de l’équipe de l’unité, aux autres jeunes de l’unité, lui fait visiter l’école, les ateliers, et chacun lui explique le fonctionnement concret dans son secteur.

Un accueil personnalisé

Un tuteur parmi les jeunes du groupe d’accueil est désigné sur la base du volontariat toujours dans le but d’aider le nouvel arrivant à découvrir son nouvel environnement et de faciliter son intégration parmi ses pairs.

La période de 30 jours

L’admission devient effective après une période de 30 jours au terme de laquelle le contrat de séjour est formalisé par la Direction du Département Enfants après avis des parents ou des détenteurs de l’autorité parentale, l’avis de l’enfant ou de l’adolescent ayant été entendu. Le contrat de séjour sollicite d’ailleurs un engagement parental dont le contenu est détaillé dans le règlement de fonctionnement annexé au livret d’accueil.

Cette période permet d’observer le jeune accueilli avec des aménagements possibles si l’enfant ou ses parents supportent trop difficilement la séparation.

Le jeune est intégré à la vie du groupe éducatif qui lui correspond le mieux, il est évalué dans les trois domaines d’accompagnement.

Pour les jeunes de 12 à 14 ans

La procédure est identique hormis le fait que la Commission d’Admission est commune entre les 2 ITEP (CAZIN PERROCHAUD et Fondation HOPALE) afin de définir dans lequel des deux établissements peut s’envisager l’accueil, selon le projet du jeune.

La commission d’admission se réunit ensuite pour étudier les éléments recueillis lors de la rencontre et rend ses conclusions qui sont adressées à la MDPH et à la famille.

Le responsable de site se charge d’appeler la famille pour les informer de la décision prise et fixe selon les disponibilités d’accueil de l’établissement une date à laquelle aura lieu la période d’immersion avant l’admission définitive. Le dossier d’admission comporte là aussi une demande de bilan médical, un bilan psychologique, un dossier scolaire, le suivi social et les bilans de suivis spécifiques (CMP,…).

Au terme de cette période, une réunion de concertation rassemble tous les intervenants ayant rencontré le jeune afin de définir en interdisciplinarité les objectifs qui seront poursuivis dans les différentes disciplines.

A titre exceptionnel et à partir d’éléments objectivables, il pourra être discuté lors de cette réunion de la pertinence de l’entrée de ce jeune ou non.

La direction de l’établissement prend la décision finale et rencontre les parents ou représentants légaux. Elle leur restitue les éléments observés et repérés durant la période de 30 jours de leur enfant quand le maintien est refusé.

Pour les enfants admis, les éléments recueillis serviront à l’élaboration d’un Pré-Projet qui aboutira dans un délai de 3 mois à la rédaction du Projet Personnalisé en concertation avec l’enfant et sa famille.

Le projet personnalisé

La prise en compte des attentes de la personne dans la démarche de projet personnalisé se réfère directement à la recommandation-cadre de l’ANESM sur la Bientraitance et est inscrite dans  la loi n°2002-2du 2 janvier2002  rénovant l’action sociale et médico-sociale (art. L. 311-3 du CASF).

Cette recommandation de bonnes pratiques professionnelles vise à favoriser l’expression et la participation de l’usager dans la conception et la mise en œuvre du projet qui le concerne. Elle a vocation à éclairer la pratique quotidienne des professionnels et à servir de point d’appui pour le dialogue et les échanges avec les usagers. Elle vise également à interroger l’organisation et le fonctionnement des établissements et services pour favoriser cette dimension de la personnalisation de l’accompagnement.

Cependant il semble important de préciser que les dispositions de la loi n°2002-2 précisant clairement que la participation d’un usager à son projet est un droit mais en aucun cas une obligation qui pourrait lui être imposée par les professionnels d’une institution.

Le projet personnalisé est évalué tous les ans ou dans un délai  beaucoup plus court si la situation de l’enfant le nécessite. Il reste à préciser que « le projet personnalisé répond notamment aux préconisations du projet personnalisé de scolarisation (PPS) élaboré en amont par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH » (Circulaire interministérielle n°2007.194 du 14 mai 2007).

La réunion de projet personnalisé est précédée d’une réunion de synthèse au cours de laquelle l’équipe pluridisciplinaire s’accorde sur les orientations que pourrait prendre le projet personnalisé.

La réunion de projet personnalisé a pour objectif de finaliser en présence et avec l’accord de l’enfant et de sa famille les orientations du projet pour l’année à venir.

3.3 L’organisation interne de l’offre de service et des prestations

En référence à la circulaire N°2007.194 du 14 mai 2007 : « Le sens de l’intervention des ITEP est de permettre l’accès à un travail d’élaboration psychique conduisant à l’inscription sociale des jeunes pour cela  l’ITEP conjugue des actions thérapeutiques, éducatives et pédagogiques sous la forme d’une intervention interdisciplinaire.

Les trois dimensions contenues dans le nouvel intitulé des instituts, constituent les principes de base de l’intervention des ITEP : si la dimension thérapeutique au sens large est fondamentale pour mener à bien la démarche d’accompagnement de la personne visant à la structuration de sa personnalité, les dimensions éducatives et pédagogiques sont aussi indispensables pour mettre en œuvre une démarche soignante d’ensemble visant à amener les personnes à prendre conscience de leurs ressources, de leurs difficultés et à se mobiliser pour aller vers plus d’autonomie.

Ces trois dimensions doivent se conjuguer pour permettre la réalisation du projet personnalisé d’accompagnement (PPA) élaboré pour chaque enfant par l’équipe de l’ITEP. Ce projet personnalisé d’accompagnement répond notamment aux préconisations du projet personnalisé de scolarisation (PPS) élaboré en amont par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH ».

            3.3.1 Le projet thérapeutique

Les enfants ou adolescents orientés vers l’ITEP L’Escale n’ont pu, pour différents motifs, être maintenus en milieu ordinaire.

Chacun a vécu dans le contexte familial ou social, un processus d’échec dans les acquisitions scolaires, culturelles, dans les relations avec les autres et pour beaucoup dans la construction de leur personnalité.

La dimension thérapeutique du Projet Personnalisé de chaque enfant ou adolescent se particularise par des actes de soins spécifiques dans un cadre interdisciplinaire en prenant en compte la famille par l’approche de santé globale et systémique :

  • Psychothérapie assurée par le médecin psychiatre ou le secteur de pédopsychiatrie
  • Entretiens thérapeutiques et de soutien assurés par les psychologues
  • Rééducations :
    • Orthophonie : pédagogie relationnelle du langage oral et écrit
    • Psychomotricité : techniques et approches corporelles
  • Soins médicaux courants

Le domaine thérapeutique est commun, transversal et interdisciplinaire.

Le dispositif de soins, référencé à l’approche de santé globale et de systémie familiale dans l’ITEP tente de cerner au plus près les besoins, les demandes, les désirs de chaque enfant ou adolescent.

Il s’appuie sur une approche clinique partagée au fil des réunions de Projet Personnalisé, des réunions cliniques, des échanges entre professionnels et des rencontres avec les parents.

Il concerne l’ensemble des professionnels qui s’engagent à travailler la perspective des analyses de pratique, des groupes de réflexion, de la participation active au travail interdisciplinaire visant à une cohérence partagée.

Le médecin psychiatre est responsable du suivi thérapeutique dont bénéficie l’enfant : suivi psychologique, orthophonique, psychomoteur.

Un bilan orthophonique, psychomoteur et des tests psychologiques sont pratiqués par ces thérapeutes et permettent de mieux comprendre les difficultés de l’enfant, d’estimer ses capacités et ses possibilités d’évolution ainsi que de mesurer ses progrès.

Une infirmière est à la disposition des enfants internes et semi internes pour les soins courants. Lorsque l’enfant est malade, l’établissement fait appel à un médecin généraliste.

Si la maladie est bénigne, l’enfant est soigné sur place.

Les semi internes font appel à l’infirmière pour les petits maux divers se manifestant pendant la journée.

Cette écoute et cet accompagnement  peuvent aller jusqu’à la prise en compte des petits « bobos ». Cette « bobologie » d’apparence futile permet pourtant de répondre aux angoisses  et d’apporter aux jeunes l’attention et les soins dont ils ont manqué à un moment de leur vie.

En cas de problème grave, le médecin de l’établissement et l’infirmière, en relation directe avec les parents, dirigent l’enfant ou l’adolescent vers le centre hospitalier le plus proche, ou la clinique si c’est le choix des parents.

Conformément à la circulaire N°2007.194 du 14 mai 2007 : « Outre le suivi systématique de l’état de santé des enfants et adolescents accueillis réalisé en coordination avec le médecin traitant de chacun, le médecin et l’infirmier assurent en complémentarité deux fonctions importantes :

  • L’écoute des inquiétudes et des plaintes des jeunes qui souhaitent s’adresser à eux
  • L’accompagnement des éducateurs spécialisés et enseignants dans leur fonction de vigilance et dans leur fonction d’éducation pour la santé. »

            3.3.2 Le projet éducatif, sportif et culturel

Dans le cadre institutionnel qui situe les limites du possible et de l’interdit, l’intervention éducative au quotidien va chercher à ouvrir un espace relationnel à chaque enfant ou adolescent considéré dans sa singularité.

L’institut est un lieu d’expérimentation qui aide l’enfant ou adolescent à évoluer dans son groupe de vie, où il peut :

  • Vaincre ses peurs
  • acquérir la confiance
  • mettre en œuvre ses compétences intellectuelles
  • accéder aux apprentissages.

Les éducateurs veillent donc au développement de la personnalité et à la socialisation des enfants ou adolescents, les suivent dans leur vie quotidienne et dans la réalisation de leur Projet  Personnalisé à l’intérieur comme à l’extérieur de l’ITEP.

La fonction de référent est assurée par l’éducateur spécialisé, l’éducateur de jeunes enfants ou le moniteur-éducateur et favorise pour chaque enfant la continuité et la cohérence de l’accompagnement. Ses modalités de mise en œuvre sont définies dans le chapitre suivant (missions et rôle).

Le surveillant de nuit et le professionnel accompagnateur dans les transports participent au même titre que les maîtresses de maison à l’exercice de la fonction éducative.

  • Vie quotidienne

Les moments de la journée, définis chronologiquement (lever, toilette, repas, activités, soirée, coucher) permettent aux enfants de se structurer dans le temps. Ces repères temporels les aideront à acquérir l’autonomie nécessaire à la vie en société.

Le travail éducatif au quotidien s’appuie notamment sur les notions d’hygiène alimentaire, d’hygiène corporelle, sur le respect des personnes et des biens, sur le rapport à la règle et à la loi.

Le quotidien apporte un support à la relation entre le professionnel et le jeune.

Les actions éducatives mises en place cherchent l’instauration d’une dynamique collective et d’un travail individualisé. Le jeune y apprend à vivre, à ressentir, à négocier, à partager, à réparer, à situer ses propres limites et à appréhender les limites imposées par la société.

  • Activités éducatives

Les activités offrent aux jeunes la possibilité de s’extérioriser, de canaliser leurs pulsions, de s’échapper un peu du quotidien et de construire des moments riches en communication, en partage et en implication. C’est aussi un moment privilégié avec l’adulte.

L’activité doit être cadrée (où, quand, comment) pour que le jeune se sente rassuré. Elle sera choisie en fonction du quoi, du pourquoi, et des besoins repérés chez les enfants et adolescents.

Les activités éducatives, culturelles ou autres permettent aux jeunes de se divertir, de prendre du plaisir tout en apprenant à se servir de leurs capacités intellectuelles, motrices et imaginatives et aussi à coopérer. Voici quelques exemples d’activités proposées :

  • la peinture, les graffitis, et autres tags
  • le théâtre
  • les activités manuelles
  • la musique
  • la relaxation, le bien-être
  • l’équithérapie
  • l’informatique, etc.
  • Activités sportives

Les activités physiques et sportives constituent un levier éducatif déterminant dès lors que la pédagogie utilisée répond aux objectifs de restructuration de l’enfant (au niveau social, affectif, psychologique voire même physique car cela est lié).

Le sport permet aux enfants de bouger, de se dépenser, de se dépasser, d’être valorisés et de canaliser leur énergie débordante.

Les activités physiques et sportives proposées sont multiples et peuvent être individuelles ou collectives.

  • Disciplines individuelles

Elles permettent aux enfants de se confronter directement avec un adversaire tout en leur apprenant les notions de fair-play, le respect de l’autre, l’acceptation de la défaite, le dépassement de soi, … en voici quelques-unes :

  • le tennis de table
  • l’athlétisme
  • la natation
  • le tir à l’arc
  • le tennis, etc.
    • Disciplines collectives

Elles mettent en évidence l’importance du travail d’équipe et de la collaboration pour gagner mais également  les notions de respect du règlement sportif et de la société en général :

  • le basketball
  • le football
  • le volleyball
  • le handball
  • le rugby, etc.

Le sport permet aux jeunes de se dégourdir et de mieux gérer leur corps surtout à l’adolescence. Outre les bienfaits physiques qu’il procure, le sport facilite la mise en place d’actions citoyennes enrichissantes : autour d’une balle, d’un ballon, d’une équipe, les jeunes s’initient aux règles de la société et à la citoyenneté en apprenant le respect, le partage, la politesse, la patience, le savoir-perdre,…

L’activité sportive met en évidence tous les phénomènes de socialisation et d’ouverture vers l’extérieur par le biais de tournois, d’intégration dans les clubs sportifs voisins ou d’échanges avec d’autres structures.

  • Les séjours de vacances

Des transferts d’établissement (séjours) sont organisés pour les enfants de l’ITEP.

Les séjours ont un caractère éducatif, pédagogique et thérapeutique et entrent dans le Projet Personnalisé de chaque enfant ou adolescent qui en bénéficie.

Ils font, à ce titre, l’objet d’une préparation avec les enfants.

Une information est faite aux parents, leur accord est sollicité.

L’objectif est de rompre avec l’habitude, le quotidien, de proposer un environnement nouveau, des activités différentes et ainsi de créer un autre mode de relation et de développer une plus grande socialisation et autonomie.

Toutes ces activités permettent aux jeunes de se divertir mais aussi de stimuler leur imaginaire et leur créativité pour favoriser le développement de leur personnalité.

Elles autorisent également la mise en œuvre de projets prenant en considération les ressources de l’enfant et ses potentialités.

Des groupes peuvent ainsi se créer et proposer des représentations à l’extérieur de l’établissement dans un but de :

  • socialisation,
  • rétablissement du lien avec l’environnement,
  • valorisation,
  • ouverture vers l’extérieur.

            3.3.3 Le projet pédagogique

Le cadre législatif

La circulaire du 14 mai 2007 rappelle : « L’ITEP favorise le maintien et prépare le retour des jeunes qu’il reçoit dans les écoles ou établissements scolaires par des actions pédagogiques adaptées. A cette fin, il contribue à assurer, avec l’ensemble des membres de l’équipe de suivi et de scolarisation, la continuité de son parcours scolaire en permettant ses apprentissages et la poursuite de son parcours de formation ».

Il appartient à cet égard à l’enseignant référent de l’élève et au coordinateur pédagogique de l’unité d’enseignement spécialisé d’assurer la coordination et de favoriser l’articulation entre les différentes actions, ainsi que les échanges d’informations entre les partenaires. A ce titre, il convient d’inciter les parents à prendre toute leur place au sein des équipes de suivi de scolarisation.

« Sans préjudice de la possibilité de fréquenter une école ou un établissement scolaire, à temps partiel ou à temps plein, les ITEP offrent un accueil en classe adapté aux besoins des personnes accueillies (décret du 06.01.2005). Les enseignants assurent dans le cadre d’un programme publié par le Ministère chargé de l’Education Nationale, une formation scolaire et professionnelle. »

Les élèves

La majorité des enfants accueillis sont des élèves « souffrant » de décrochage scolaire, d’exclusion ou de rejet, de difficultés d’apprentissage, de sentiment d’échec, de manque de confiance et d’estime de soi… souvent de tout cela à la fois.

Ils ont un vécu douloureux par rapport à l’école et donc une image négative de celle-ci.

Les difficultés se manifestent en classe sous forme de manque de concentration, d’attention, de confiance… d’agitation, d’instabilité, d’excitation individuelle et au sein d’un groupe de tension relationnelle, d’intolérance à la frustration, d’opposition et d’agressivité envers les enseignants, de passivité, d’indifférence face à l’activité scolaire, de fuite, de perturbations diverses de la perception de la réalité et de la relation à l’autre.

Les objectifs de la scolarité

Parce que c’est un lieu souvent mal vécu par les enfants entrant en ITEP de par leur première expérience de scolarisation, il convient d’y offrir des espaces d’apprentissage capables de « contenir » des situations de crise, de conflits générés par des troubles individuels et leur résonance sur les « groupes-classes ».

Ré-identifier positivement le « lieu Ecole » dans sa fonction d’apprentissage, de développement et de lieu social est l’un des objectifs prioritaires.

La prise en charge pédagogique

Face à des difficultés d’apprentissage d’ordre psychologique, l’enseignant ne peut pas être uniquement sollicité comme « technicien des situations d’apprentissage ». Il doit accompagner les élèves vers une restructuration identitaire, vers un réinvestissement du champ du savoir pour leur permettre de renouveler leur perception du réel, des autres et d’eux-mêmes.

L’enseignement en ITEP vise plusieurs objectifs :

  • aider l’enfant à trouver son mode d’accès aux savoirs,
  • construire les savoirs en référence aux programmes nationaux pour permettre une « inclusion » sociale en milieu ordinaire dès que possible,
  • faciliter la découverte de soi, la construction de l’identité.

L’objectif de la scolarité n’est pas de combler les manques mais de donner à chaque élève les moyens de les affronter et de leur offrir un espace pour apprendre.

Pour cela, l’enseignant s’efforce de :

  • prendre en compte les angoisses et les émotions qui parasitent l’apprentissage,
  • fixer un cadre rassurant et contenant pour permettre de construire une sécurité intérieure suffisante contributive d’apaisement de l’inquiétude,
  • accompagner l’enfant dans les phases de déséquilibre, de remises en cause des acquis pour lui permettre d’accéder à de nouveaux apprentissages et dédramatiser l’erreur,
  • s’assurer que ces élèves adhèrent au projet d’apprentissage et s’engagent dans une recherche de sens en usant d’une pédagogie adaptée,
  • offrir aux élèves un espace scolaire identifié au sein de l’ITEP mais différent de celui qu’ils viennent d’être contraints de quitter,
  • réconcilier chaque jeune avec les apprentissages et plus généralement l’aider à se remobiliser et à retrouver le plaisir d’apprendre. Le rendre capable de fournir un effort de réflexion et de mémorisation et pour cela commencer par l’intéresser et le motiver, prendre du plaisir à découvrir et à réaliser,
  • lui permettre de retrouver des compétences, l’accompagner vers des acquisitions compatibles avec son potentiel,
  • ainsi rendre possible pour chacun un véritable projet de scolarisation débouchant aussi souvent que possible sur son retour en milieu ordinaire ou adapté.

La composition de l’équipe pédagogique

L’Equipe Pédagogique est constituée en Unité d’Enseignement (convention avec l’Education Nationale et l’ARS).

Les enseignants affectés sont des instituteurs ou professeurs des écoles spécialisés titulaires du CAPA[4] SH ou du CAPSAIS (option D). Ils sont placés sous le contrôle pédagogique de l’Inspecteur de l’Education Nationale de la Circonscription de CALAIS ASH (Adaptation scolaire et Scolarisation des élèves Handicapés) et sous l’autorité du Directeur des Services Départementaux de l’Education Nationale du Pas-de-Calais.

Le coordonnateur pédagogique de l’Unité d’Enseignement, lui-même enseignant spécialisé, organise et anime les actions de l’unité d’enseignement de l’ITEP en collaboration avec le reste de l’équipe, mais assure également l’instruction et le suivi des inclusions scolaire en milieu ordinaire.

Les enseignements dispensés doivent permettre la poursuite des apprentissages et garantir les moyens nécessaires à l’acquisition du socle commun de compétences et de connaissances.

En adéquation avec le nombre d’enfants accueillis, et la dynamique pédagogique engagée, le nombre d’enseignants spécialisés est de 3 pour l’accueil et la scolarisation en interne.

Les enseignants sont chargés d’évaluer la pertinence et la faisabilité d’une scolarisation en milieu ordinaire ou adaptée pour les élèves qui  pourraient en bénéficier au cours de leur parcours scolaire.

L’inclusion scolaire

Il existe deux grands cas de figure pour la mise en place de la scolarité en milieu ordinaire:

Le maintien total ou partiel de cette prise en charge scolaire dès l’admission à l’ITEP et l’inclusion scolaire totale ou à temps partagé dans un établissement scolaire du secteur de l’ITEP, après une scolarisation en interne sur l’école spécialisée de l’ITEP.

  • Le maintien à l’arrivée en ITEP

Généralement, quand un enfant est orienté vers l’ITEP, la scolarisation en milieu spécialisé est privilégiée. Mais il peut arriver, exceptionnellement, que ses troubles spécifiques ne s’expriment pas ou peu à l’école. Dans ce cas il est précisé dans la notification que cette scolarité doit être maintenue.

Eventuellement, celle-ci peut être complétée par des temps de classe en interne si nécessaire.

Si, du fait de son éloignement géographique, la scolarité ne peut être poursuivie dans l’école d’origine, le coordonnateur pédagogique de l’ITEP se charge de trouver une école d’accueil plus proche de l’ITEP.

  • L’inclusion scolaire

Si l’équipe interdisciplinaire de l’ITEP estime qu’un enfant a pu acquérir les potentiels pour pouvoir être inclus en milieu ordinaire et si cela est possible au vue de ses capacités scolaires et de son âge, le coordonnateur pédagogique de l’ITEP se charge de trouver une école d’accueil.

Il travaille pour ce faire avec l’Inspecteur de l’Education Nationale de la circonscription de Montreuil, dont dépendent les écoles proches de l’établissement, ou les directeurs des établissements du second degré.

L’inclusion se fait très progressivement en débutant par un temps court. Il s’agit en effet de sécuriser l’enfant et de le mettre dans une situation de réussite lui permettant de réinvestir son statut d’élève.

Après une période d’essai de l’ordre du mois, une Equipe de Suivi de Scolarisation (ESS) est mise en place pour évaluer, ajuster voire suspendre l’inclusion. Cette ESS comprend la famille de l’élève, l’équipe pédagogique d’accueil, l’équipe pluridisciplinaire de l’ITEP. Elle met en place un PPS qui définit les modalités  de l’inclusion :

  • L’objectif général de l’inclusion (poursuite d’un cursus ordinaire, socialisation, …)
  • Les modalités proposées (Lieu d’inclusion, fréquence, durée, classe suivie, quelles matières seront privilégiées ou non,…)
  • Les modalités d’évaluation et d’ajustement.

Des points d’étape réguliers (au moins un par trimestre) sont organisés pour ajuster au mieux les temps d’accueil en fonction des observations de chacun et des possibilités de l’enfant.

Dans tous les cas, une convention de scolarité en milieu ordinaire sera établie entre l’ITEP et l’établissement scolaire d’accueil.

Même si un élève est inclus en milieu ordinaire, il continue d’être scolarisé parallèlement sur l’Unité d’Enseignement de l’ITEP afin d’étayer ses acquisitions scolaires et de l’aider à réussir dans son nouvel environnement.

Pédagogie et interdisciplinarité

La prise en charge pédagogique s’inscrit dans une prise en charge globale de l’enfant en lien avec les pôles éducatif et thérapeutique. L’enseignant fait partie de l’équipe et participe aux réunions institutionnelles.

Il participe de ce fait à l’évaluation clinique et à l’élaboration de solutions adaptées à chaque problématique individuelle

La connaissance de l’enfant et de ses difficultés guide les pratiques pédagogiques.

Le travail en coopération doit aussi permettre aux enfants de ressentir la cohérence de l’institution.

La prise en charge globale et interdisciplinaire de l’enfant ne peut se résumer à une juxtaposition d’interventions « spécialisées » diverses.

Il s’agit d’engager chacun des collaborateurs (enseignant, éducateur, rééducateur, thérapeute) dans un processus collectif, concerté, interdisciplinaire.

Il faut entrer dans une logique de coopération, de partenariat, c’est-à-dire passer d’une conception additionnelle des compétences et des rôles professionnels, à une recherche d’interactions articulées à différents niveaux par une logique de projet.

Plus précisément, la mise en place de « groupes pédagogiques » constitue l’ossature de l’organisation et de la prise en charge.

Travail en Binôme

Chaque classe accueille des groupes de 3 à 6 élèves.

Un enseignant et un éducateur spécialisé sont les référents de base de chaque groupe pédagogique.

D’autres éducateurs, moniteurs de sport, proposant des ateliers ciblés variés… complètent ce dispositif de base garantissant quotidiennement à chaque élève des temps d’ « apprentissages » personnalisés.

L’apport des rééducations (orthophonie, psychomotricité…) et le soutien thérapeutique personnalisé ou en petit groupe assurent la cohérence de cette prise en charge globale.

Au sein du « groupe pédagogique » l’organisation s’articule sous différentes formes au cours de la journée :

  • l’enseignant et l’éducateur co-interviennent dans la classe,
  • l’enseignant propose une séance d’apprentissage dans la classe avec une partie du groupe,
  • l’éducateur prend en charge l’autre partie du groupe dans un local dédié.
  • Les éducateurs, éducateurs sportifs et rééducateurs prennent en charge certains enfants pour des activités adaptées,
  • des actions ponctuelles sont co-animées par plusieurs membres : enseignant, éducateur spécialisé, rééducateur, psychologue, infirmière…

Ces modes d’intervention dépendent des projets d’apprentissage de chaque enfant, tout en tenant compte de la dimension collective recherchée.

Les acteurs du même « groupe pédagogique » cheminent ensemble, dans le respect des compétences et des différences de chacun. Ces acteurs gardent une souplesse dans la distribution des tâches et des responsabilités nécessaires à la réalisation de projets de groupe élaborés ensemble.

[1] Aide Sociale à l’Enfance

[2] Protection Judiciaire de la Jeunesse

[3] Commission des Droits et de l’Autonomie de la Personne Handicapée

[4] Certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap

Share →